En 2026, l'Organisation internationale du travail a désigné les risques psychosociaux comme priorité mondiale de la santé et sécurité au travail. Ce signal fort traduit une réalité que les entreprises françaises mesurent chaque année : le stress professionnel, l'épuisement et les violences relationnelles représentent désormais l'une des premières causes d'absentéisme et de désengagement.
Comprendre ces risques et les obligations qui en découlent est aujourd'hui une exigence incontournable pour tout employeur.
Pour aller plus loin sur la mise en œuvre concrète d'un plan d'action, consultez notre second article consacré à la prévention des RPS.
Pourquoi 2026 marque un tournant pour la prévention des RPS
La désignation de 2026 comme grande cause nationale en matière de santé mentale au travail n'est pas symbolique. Selon le baromètre BDO 2025, 61 % des entreprises déclarent disposer d'un plan de prévention RPS, mais seulement 38 % des salariés en confirment l'existence. Cet écart mesure le fossé entre les intentions affichées et la réalité du terrain.
L'essor du télétravail, la numérisation accélérée des processus et l'introduction des outils d'intelligence artificielle ont créé de nouvelles pressions sur les collaborateurs. À cela s'ajoute une instabilité économique qui alimente l'insécurité professionnelle et la surcharge de travail. Pour approfondir la question du management dans ce contexte, notre article sur le management bienveillant et transversal apporte des pistes concrètes.
Pour les dirigeants et responsables RH de PME et ETI, en particulier dans les secteurs de l'industrie, la logistique, les services ou le BTP, l'année 2026 impose une mise à jour des pratiques et une véritable démarche de prévention des risques psychosociaux.
Les six facteurs de risque psychosociaux à connaître
L'étude de référence, notamment le modèle de Gollac, distinguent six grandes familles de facteurs de risque RPS que tout employeur doit intégrer dans son évaluation des risques et dans son document unique d'évaluation des risques professionnels (DUERP) :

- L'intensité et le temps de travail : surcharge, délais insuffisants, objectifs hors d'atteinte.
- Les exigences émotionnelles : contact avec la souffrance, obligation de masquer ses émotions, tensions avec les clients ou usagers.
- Le manque d'autonomie : travail prescrit rigide, impossibilité de prendre des initiatives, faible participation aux décisions.
- La mauvaise qualité des relations sociales : manque de soutien managérial, conflits non gérés, isolement, absence de reconnaissance.
- Les conflits de valeur : tâches contraires aux convictions professionnelles, sentiment de travail mal fait.
- L'insécurité de la situation de travail : crainte du licenciement, incertitude sur l'avenir du poste, réorganisations non accompagnées.
En 2026, l'automatisation et l'IA constituent un septième facteur émergent, générant des craintes de déqualification que les signaux faibles en entreprise permettent parfois d'anticiper. Ces éléments doivent figurer dans votre DUERP. Si vous n'avez pas encore actualisé ce document, notre article comment préparer la mise à jour du DUERP vous guide pas à pas.
Ce que dit la réglementation : les obligations de l'employeur
Le Code du travail impose à tout employeur une obligation générale de sécurité qui inclut explicitement la prévention des risques psychosociaux (articles L.4121-1 et suivants). Cette obligation est renforcée par l'accord national interprofessionnel sur le stress au travail (2008) et celui sur le harcèlement moral et la violence au travail (2010).
La loi Santé au travail du 2 août 2021 a par ailleurs intégré la qualité de vie et des conditions de travail (QVCT) dans les obligations de négociation annuelle pour les entreprises de plus de 50 salariés. Sur ce sujet, notre article améliorer la satisfaction et l'engagement grâce à la QVCT présente les leviers concrets à activer.
Obligations pratiques de l'employeur
- Actualiser le DUERP pour y intégrer les RPS comme risque identifié et évalué.
- Mettre en place des mesures de prévention documentées et suivies dans le cadre d'un calendrier de prévention.
- Former les managers à la détection et à la gestion du stress au travail et des situations de tension.
- Permettre au CSE d'exercer pleinement sa mission de surveillance des risques, notamment via la commission SSCT et SST.
Point de vigilance réglementaire
L'absence de DUERP à jour, ou un DUERP qui n'intègre pas les RPS, expose l'employeur à des sanctions pénales et civiles en cas d'accident ou de maladie professionnelle liée aux risques psychosociaux. La responsabilité personnelle du dirigeant peut être engagée. Liance Solutions accompagne les entreprises dans l'évaluation et la mise à jour de leur DUERP, ainsi que dans la formation des managers sur les RPS.
Santé mentale des salariés : des chiffres clés à retenir
La mauvaise santé mentale au travail est aujourd'hui un enjeu de performance autant que de prévention. Selon le baromètre santé mentale 2025, le syndrome d'épuisement professionnel (burn-out) touche une proportion croissante de salariés dans les secteurs soumis à une forte charge de travail et à des conditions de travail dégradées.
La semaine QVCT 2026 sera l'occasion pour de nombreuses organisations de s'interroger sur leurs pratiques et de renforcer leur démarche de prévention primaire.
Ces données doivent inviter les entreprises à ne pas attendre les signaux faibles pour agir : un environnement de travail sain se construit dans la durée, par des actions de prévention collectives et structurées.
Et maintenant ? Passer à l'action
Comprendre les facteurs de risque et les obligations réglementaires est une première étape. La vraie valeur ajoutée se situe dans la construction d'un plan de prévention efficace et durable, intégrant formation, dialogue social et organisation du travail repensée.
Découvrez nos recommandations dans la suite de notre guide complet : construire un plan de prévention RPS en 2026.